La diversité biologique ou biodiversité est l'expression qui désigne les variétés de formes de vies qui peuplent la terre. Ce concept s'applique aussi bien aux écosystèmes qu'aux différentes espèces. Elle englobe aussi tous les organismes vivants, y compris ceux qui ont été créés par les manipulations génétiques ou des croisements sélectifs.
Malgré la dégradation accélérée de ses écosystèmes, observée ces trente dernières années suite à l'action combinée des sécheresses successives et de l'occupation des terres (70 à 80.000 ha/an) par une population en pleine expansion (taux de croissance de 3,3%), le Niger recèle encore d'énormes potentialités en matière de diversité biologique.
L'importance de la diversité biologique est fondamentale pour l'économie rurale. Les besoins des populations sont satisfaits à 90% à partir des ressources vivantes (y compris le renouvellement de la fertilité du sol par la jachère). Il en est de même de leur valeur écologique, esthétique, culturelle, religieuse, scientifique, pharmaceutique et technologique.
Ces ressources vivantes (flore, faune, etc.) ne peuvent plus supporter la ponction abusive qu'elles subissent depuis un demi siècle. Le bois, l'herbe, le gibier, le poisson, les fruits de la cueillette, etc. doivent désormais être considérés comme des produits à exploiter rationnellement et à élever selon les règles de l'art.
La stratégie doit permettre la mise en œuvre d'une politique de réhabilitation et de redéploiement de la biodiversité au profit des stocks de ressources vivantes, donc, de l'économie nationale. Ce redéploiement doit se faire à partir du réseau d'aires protégées existant (du parc national du W en particulier) vers les périphéries ayant subi de forts processus de dégradation.
A titre illustratif, dans le domaine de la diversité végétale, 210 espèces présentent un grand intérêt dans le régime alimentaire de la population, particulièrement pendant les périodes de disette et de famine.
Les plantes sauvages consommées, dont la cueillette est généralement assurée par les femmes, fournissent un apport riche en éléments essentiels, complétant ainsi le régime alimentaire à base de céréales (mil, sorgho, riz...).
En ce qui concerne l'alimentation du bétail, 235 espèces sont utilisées. En pharmacopée traditionnelle, 270 espèces servent à divers usages. Dans l'artisanat, 127 espèces sont concernées. Sur le plan culturel et religieux, beaucoup d'espèces rentrent dans le cadre de certaines cérémonies. Durant ces dernières années, une importance plus marquée est accordée à la lutte biologique dans le cadre de la protection des cultures.
Quant à la diversité biologique animale, les grands domaines de son utilisation sont l'alimentation, la pharmacopée, le transport, le tourisme, etc. Il est à signaler que le Niger constitue un pôle important dans la gestion des mouvements migratoires des espèces aviaires et qu'il est le seul pays au monde abritant encore à l'état naturel des espèces rares, telles que l'addax et l'oryx.
De manière générale, les contraintes et les lacunes liées à la gestion de la diversité biologique sont nombreuses; parmi les plus apparentes on peut retenir :
- l'insuffisance de la connaissance de la diversité biologique et de ses éléments constitutifs;
- l'absence de programmes et projets spécifiques liés à la biodiversité;
- l'inadaptation des textes régissant la diversité biologique;
- l'implication insuffisante des populations dans la gestion de la diversité biologique;
- l'insuffisance des actions de sensibilisation, d'information et de formation;
- la non prise en compte de la biodiversité dans la conception et la mise en œuvre des actions de développement;
- les conditions climatiques globalement défavorables;
- les pressions multiples et croissantes sur la diversité biologique et ses éléments;
- une forte croissance démographique et son inégale répartition spatiale en inadéquation avec les potentialités des différents milieux;
- la difficulté d'accès à certaines régions enclavées et au relief accidenté;
- les difficultés d'accès à l'eau liées aux contraintes topographiques et géologiques.
Source :
http://ne.chm-cbd.net/ (Centre d’échange d’information sur la biodiversité du Niger)