La Comptabilité Ecosystémique du Capital naturel


Une approche récente


De nombreuses initiatives ont été lancées depuis plusieurs décennies au sein du système des Nations Unies pour proposer un système comptable prenant conjointement en compte les dimensions économiques et environnementales : le Système de Comptabilité Économique et Environnementale (SCEE). Elles ont abouti depuis peu d’années à la proposition d’expérimentation d’une comptabilité des écosystèmes elle-même basée sur des bilans biophysiques et écologiques géo‐référencés.
Des premiers comptes sont réalisables avec les logiciels, souvent libres et gratuits, et avec la disponibilité accrue des données, notamment, satellitaires et environnementales, comme cela a été mise en œuvre expérimentalement à Maurice en 2013 par la Commission de l’Océan Indien avec l’office statistique de Maurice.
Un manuel de démarrage rapide de la CECN a été développée par la Convention sur la Diversité Biologique en 2014 sur la base des travaux déjà engagés depuis plusieurs années par l’Agence Européenne de l’Environnement et appliquée par l’île Maurice dans un cadre expérimental.
Elle fournit les bases méthodologiques pour la mise en œuvre d’une comptabilité biophysique géo-référencée sur un modèle d’écosystème simplifié : compte de base de la couverture des terres, comptes de bases du biocarbone, de l’eau douce écosystémique et de l’infrastructure écologique, indices de santé de l’écosystème, le tout synthétisé dans un indice composite de la capabilité écosystémique totale.
Les obligations internationales, comme l’objectif biodiversité d’Aichi (2010) qui demande l’incorporation des valeurs de la biodiversité dans les systèmes de comptabilité nationale d’ici à 2020, renforcé par les ODD 15.9 et ODD 17.19 incitent à l’établissement d’indicateurs de progrès en matière de développement durable complétant le Produit Intérieur Brut (PIB) et le renforcement des capacités statistiques des pays en développement.
La comptabilité écosystémique du capital naturel soutient aussi les efforts de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la désertification sur la Neutralité de la Dégradation des Terres (ODD 15.3) dans le cadre de la Neutralité en matière de dégradation des Terres et l'Accord de Paris de 2015 sur le climat (CCNUCC) en intégrant leurs approches dans un contexte plus large et offrant une vision plus complète de leurs actions et de leurs impacts.
Ainsi le Suivi-Évaluation de la dégradation/restauration nette des terres et des écosystèmes, et de l’adaptation au changement climatique basée sur les écosystèmes pourrait être exprimé en terme comptable et localisé par un indicateur synthétique de « perte ou gain de capabilité écosystémique » à différentes échelles du local à l’international

Deux activités en cours de développement


1 - Le montage d’un projet COPERNICEA

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Le projet COoPEration Régionale pour de Nouveaux Indicateurs de Comptabilité Ecosystémique en Afrique » a comme porteurs l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) , le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD), l’Université du Québec à Montréal (UQAM) avec la collaboration avec les institutions des pays concernés et d’autres partenaires comme l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) et le GDN (Global Development Network).
Le projet concerne 6 pays francophones : Burkina-Faso, Guinée Conakry, Maroc, Niger, Sénégal et Tunisie, et pourrait être étendu rapidement à d’autres pays francophones (Bénin, Côte d’Ivoire et Mali)

L’objectif spécifique du projet est de doter les pays cibles d’une compétence structurée et d’un dispositif opérationnel, propre et autonome, leur permettant de développer une première comptabilité écosystémique de leur capital naturel sur des bases permettant la pérennité du dispositif au sein des instances statistiques et thématiques nationales

Les résultats attendus sont :
• Une structure institutionnelle régionale et une communauté de praticiens de la CECN sont organisées et un conseil national de comptabilité écosystémique mis en place expérimentalement dans chaque pays
• Un dispositif géographique et statistique opérationnel pérenne de CECN dans chaque pays est constitué et les indicateurs synthétiques de suivi sont produits pour permettre la réalisation de bilans diagnostics périodiques
• Une information fiable et comparable est fournie sur la CECN, utilisée comme sources pour des indicateurs de développement durable et prise en compte dans les systèmes nationaux de comptabilité et les processus décisionnels et de planification
• Les capacités des institutions nationales dans pays impliqués sont renforcées et reconnues pour réaliser les comptes de leur capital naturel

Le document de projet est en cours de finalisation et les responsables sont en contact avancés auprès de différentes partenaires techniques et financiers ( BAD, GEF, AFD…) pour son financement.
Plus d'informations sur http://copernicea.net

2 - L’organisation d’un atelier destiné aux chercheurs et Universitaires du Sud

Partant du constat que les universités ont en effet le double mandat de transmission des savoirs et de compétences ainsi que de générer des connaissances à même de mieux informer les choix de politiques publiques et de l’hypothèse selon laquelle il est essentiel de renforcer les capacités de recherches pour combler sur le long terme un manque dans la chaine liant statistiques et politiques publiques, le Global Development Network (GDN), le CIRAD et l’UQAM proposent d’organiser un atelier de réflexion sur le rôle des universités dans la production et utilisation des comptes du capital naturel en Afrique de l’Ouest.

Cet atelier regroupera des représentants des universités de l’Afrique de l’Ouest intéressés par le projet, des techniciens des agences gouvernementales, des représentants d’organisations internationales et des bailleurs de fonds ainsi que des experts de la comptabilité écosystémique du capital naturel.
Focalisé sur l’Afrique francophone, cet atelier a pour objectifs de :
• Sensibiliser les institutions de recherche au concept de comptabilité du capital naturel de
• Engager une réflexion sur la création d’un réseau d’acteurs de la recherche autour de la comptabilité écosystémique du capital naturels
• Créer des synergies entre potentiels producteurs, universités et utilisateurs finaux pour créer une information pertinente

Cet atelier est prévu pour début décembre 2017 au Sénégal (Dakar)
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